#ChallengeAZ : U comme Usine de chaussures

J'ai déjà parlé précédemment dans mon article O comme Optants de Moselle de mes ancêtres cordonniers, principalement issus de ma branche BERNARD et IMBRECHTS, qui s'étaient retrouvés en nombre dans la région d'Arpajon dans les années 1870.

Madeleine BERNARD, mon arrière arrière grand-mère paternelle, est issue d'une famille de cordonniers. Son père, Jean BERNARD était cordonnier à Rahling (57); elle-même exerce la profession d'ouvrière en chaussures, lors de son mariage en 1868 avec mon ancêtre belge Pierre IMBRECHTS. En 1868 ce dernier est encore journalier, mais quelques années plus tard, lors du recensement de 1872, il est désormais lui aussi recensé comme cordonnier, profession exercée par plusieurs membres de sa belle-famille.

Différents membres de la famille de Madeleine , originaires comme elle de Moselle et désormais domiciliés à Arpajon (91),  exercent en effet le métier de cordonnier : son oncle par alliance Christophe HIEGEL, et son neveu par alliance Louis Emile FOUCAULT, tous deux témoins au mariage, mais aussi sa sœur Barbe BERNARD ainsi que son mari Emile Victor PERU, sa demi-sœur Jeanne BERNARD, veuve FREYERMUTH, qui sont toutes deux ouvrière en chaussures, ou "piqueuses de bottines", et plusieurs gendres de cette dernière, ouvriers en chaussures ou cordonniers. 

En remarquant dans le recensement de cette commune d'Arpajon la très forte proportion d'habitants exerçant comme "ouvrier cordonnier", j'ai effectué quelques recherches et découvert qu'au dix-neuvième siècle une industrie de la chaussure s'était développée et maintenue pendant près d'un siècle à Arpajon

Les cordonneries d’Arpajon
Cette industrie s'est maintenue pendant près d'un siècle à Arpajon. En 1859, Pierre et Louis Mantin acquirent la propriété appelée "La Limoge", composée de différents bâtiments, granges et écuries, afin d'y établir une usine de chaussures. Dès 1861, le nombre d'ouvriers s'élevait à 150. À cette époque, presque tout le montage se faisait en dehors de l’usine. Les ouvriers emportaient le cuir tout découpé et travaillaient à leur domicile où ils se faisaient aider par leurs enfants.
À la fin du XIXe siècle, la manufacture de chaussures produisait 1500 paires en moyenne par jour, dont beaucoup étaient destinées à l’exportation.
Différents propriétaires se sont succédé, dont la société des Chaussures André en 1920. En 1928 fut construit un important magasin de stockage derrière l’usine, dont une partie de la structure est encore visible. Pour accéder à ce bâtiment, une rue fut percée, appelée rue Minard en 1930.
En 1936, 650 personnes travaillaient dans l'usine. 
L'usine a fermé ses portes en juillet 1956. Une partie des bâtiments sera occupée par la société La Matière Plastique. En 1979, un incendie détruisit ces locaux.

(Source : Art et histoire du Pays de Châtres - Sur le site de la ville d'Arpajon.)


L'usine de chaussures d'Arpajon

Parmi les autres acteurs industriels liés à la chaussure à Arpajon, on peut citer les Etablissements Maurice Morel, fondés en 1929. Spécialisés dans la fabrication de colles er de produits chimiques pour la chaussure, ils ont employé jusqu'à 80 personnes en 1938, et ont cessé leur activité en 1984. 

Le Moulin Cerpied, situé à Arpajon, a également été transformé en usine de fabrication de chaussures au XIXe siècle, avant d'être vendu et détruit. 

Publication de Philippe DUPONT sur le groupe Facebook "Tu sais que tu viens d'Etrechy et de l'Essonne)
 

C'est probablement dans une de ces usines de chaussures que Pierre IMBRECHTSMadeleine BERNARD et les autres membre de la famille étaient employés, en tant qu'ouvriers cordonniers pour les hommes et "piqueuse en bottines" pour les femmes. Je suis encore étonnée que tous se soient retrouvés dans cette petite commune de région parisienne, alors qu'ils étaient originaires de l'est de la Moselle, presque aux portes de l'Alsace. Se peut-il que cette usine de cordonnerie ait eu une telle notoriété jusqu'en Lorraine pour attirer cette famille de cordonnier ? Je n'ai pas encore la réponse et cherche à savoir si l'un d'entre eux est parti le premier chercher du travail à Arpajon puis a fait venir le reste de la famille. J'espère avoir un jour l'explication de cette migration.



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